Tout ce qui est relaté jusqu'à maintenant démontre que
"l'espace tridimensionnel" n'existe pas en réalité, que c'est un préjugé complètement
fondé sur des perceptions et que l'on mène sa vie entière "en dehors de tout espace".
En fait, il n'y a aucune preuve tangible de l'existence d'un monde tridimensionnel
concret. L'Univers que nous peuplons est une somme d'images en une composition
de jeux de lumière et d'ombre. Affirmer le contraire ne serait que faire foi à
une croyance superstitieuse très éloignée de la raison et de la vérité scientifique.
Cela réfute l'hypothèse essentielle de la philosophie
matérialiste, l'idée que la matière est absolue et éternelle. La deuxième supposition,
sur laquelle repose la philosophie matérialiste, est que le temps est absolu et
éternel. C'est tout aussi superstitieux que dans le premier cas.
La perception du temps
Le
temps tel que nous le percevons se résume à une méthode qui consiste à comparer
un moment à un autre. De façon plus concrète, nous pouvons l'expliquer par l'exemple
suivant. Ainsi, quand une personne frappe un objet, elle entend un son particulier.
Quand elle frappe le même objet cinq minutes plus tard, elle entend un autre son.
Elle perçoit qu'il y a un intervalle entre le premier et le deuxième son et c'est
cet intervalle que nous appelons le "temps". Encore qu'au moment où le deuxième
son se fait entendre, le premier son n'est plus qu'une imagination mentale. C'est
simplement une parcelle d'information dans la mémoire. Nous ne formulons le concept
de "temps" qu'en comparant le moment que nous vivons au souvenir que nous gardons
en mémoire. Si cette comparaison n'était pas établie, il ne pourrait exister aucun
concept de temps.
De façon similaire, l'occupant
d'une pièce fait une comparaison quand il voit quelqu'un entrer par une porte
et s'asseoir dans un fauteuil au milieu de la pièce. Au moment où le nouveau venu
s'assied dans le fauteuil, les images, qui se rapportent au moment où il ouvre
la porte, entre dans la pièce et va vers le fauteuil, sont collectées comme de
petites parcelles d'information dans le cerveau de celui qui les voit. La perception
du temps prend son sens lorsqu'il compare l'homme assis dans le fauteuil avec
les petites parcelles d'information collectées.
En
résumé, le temps n'existe que comme le résultat de comparaisons établies entre
quelques illusions mémorisées dans le cerveau. Si l'homme n'avait pas de mémoire,
son cerveau ne ferait pas de telles interprétations et il n'aurait de ce fait
jamais formé le concept de temps. La seule raison qui permet à quelqu'un de déterminer
son âge de trente ans est l'information accumulée se rapportant à ces trente ans
qui existent dans son esprit. Si sa mémoire n'existait pas, il n'aurait sûrement
pas pensé à l'existence d'une période précédente et ne percevrait que le seul
"moment" qu'il vit - et ceci est un élément très important.
L'explication scientifique de l'intemporalité
Essayons de clarifier la question en proposant les explications
de divers hommes de science et savants spécialistes du sujet. Quant au temps se
déroulant en arrière, le célèbre intellectuel et lauréat du prix Nobel, le professeur
de génétique François Jacob, expose la chose suivante dans son livre Le jeu des
possibles:
PASSE
PRESENT
FUTUR
Tous les événements qui semblent avoir
eu lieu dans le passé, ou qui auront lieu à l'avenir ou qui ont lieu au présent
se sont en fait déjà produits et achevés pour Dieu, car Il n'est pas limité par
le temps et l'espace. De la même façon, l'éternité a également été vécue et s'est
achevée pour Dieu, tout comme l'existence simultanée des prises dans une bobine
de film.
"Les
films passés en arrière nous permettent d'imaginer un monde dans lequel le temps
se déroule en sens inverse. Un monde dans lequel le lait se sépare du café et
saute de la tasse pour revenir à la casserole de lait; un monde dans lequel des
rayons de lumière sont émis des murs pour être assemblés dans un piège (le centre
de gravité) au lieu de jaillir d'une source de lumière; un monde dans lequel une
pierre incline vers la paume d'un homme par la coopération stupéfiante d'innombrables
gouttes d'eau qui permettent à la pierre de sauter de l'eau. Encore que, un monde
pareil dans lequel le temps a de telles fonctions opposées, les processus de notre
cerveau et la manière dont notre mémoire collecte l'information fonctionneraient,
de la même façon, en arrière. Il en serait de même pour le passé et le futur,
et le monde nous apparaîtrait exactement comme il nous apparaît maintenant." 23
Comme notre cerveau est habitué
à un ordre d'événements déterminé, le monde ne fonctionne pas comme il est rapporté
plus haut et nous supposons que le temps est toujours allé de l'avant. Cependant,
c'est un choix décidé dans le cerveau, qui est relatif. Que les petites parcelles
d'information de notre mémoire aient été organisées comme dans les films que nous
repassons dans le sens contraire et pour nous, le passage du temps se déroulerait
dans le sens contraire pour nous. Dans ce cas de figure, nous commencerions à
prendre le passé pour le futur et le futur pour le passé, et nous vivrions nos
vies dans un ordre totalement inverse.
En réalité,
nous ne pouvons jamais savoir comment le temps suit son cours ou même s'il suit
ou non son cours. Ceci nous montre que le temps n'est pas un fait absolu, mais
il n'est qu'une sorte de perception.
La relativité
du temps est également un fait démontré par un des plus grands physiciens du 20ème
siècle, Albert Einstein. Lincoln Barnett écrit dans son livre The Universe and
Dr. Einstein (L'univers et le docteur Einstein):
Le temps est une perception psychologique. Il peut être
perçu différemment par différentes personnes dans des circonstances différentes.
"De même que pour
l'espace absolu, Einstein a rejeté le concept de temps absolu - un flux de temps
inexorable, universel et stable, qui suivrait un cours régulier du passé infini
à l'avenir infini. Une grande partie de la confusion autour de la théorie de la
relativité provient du fait que l'homme a du mal à admettre que le sens de temps,
comme le sens de la couleur, est une forme de perception. De la même manière que
l'espace est simplement un ordre possible d'objets matériels, le temps est simplement
un ordre possible d'événements. La subjectivité du temps est mieux expliquée dans
les propres mots d'Einstein. "Les expériences d'un individu" dit-il, "nous apparaissent
ordonnées dans une suite d'événements; dans cette suite, les événements particuliers
dont nous nous souvenons semblent être ordonnés selon les critères 'd'avant' et
'd'après'. Il existe donc, pour l'individu, un "temps-Je" ou temps subjectif.
Ce n'est pas en soi mesurable. Je peux, en effet, associer des nombres avec des
événements de telle façon qu'un nombre plus grand est associé à un événement postérieur,
au lieu d'un événement antérieur"." 24
Comme Barnett le cite dans son livre, Einstein a lui-même
souligné que "l'espace et le temps sont des formes d'intuition qui ne peuvent
pas plus être séparées de la conscience que ne le sont nos concepts de couleur,
de forme ou de taille". Selon la théorie de la relativité générale: "Le temps
n'a aucune existence indépendante à l'exception de l'ordre des événements par
lesquels nous le mesurons".25
Comme le temps est fondé sur la perception, il dépend entièrement
de celui qui le perçoit et est donc relatif.
La
vitesse à laquelle le temps s'écoule diffère selon des références que nous utilisons
pour le mesurer, parce qu'il n'existe aucune horloge naturelle dans le corps humain
pour mesurer précisément la vitesse du temps qui passe. Comme Lincoln Barnett
l'a écrit: "Tout comme la couleur n'existe pas sans l'¶il pour la discerner, un
instant, une heure ou un jour ne sont rien sans un événement pour les marquer".26
La relativité du temps
est pleinement vécue dans les rêves. Même si ce que nous voyons dans nos rêves
semble durer des heures, dans la réalité cela ne dure que quelques minutes, voire
quelques secondes.
Prenons un exemple pour clarifier
davantage notre propos. Supposons que nous ayons été mis dans une pièce avec une
seule fenêtre spécialement conçue à cet effet et que nous ayons été retenus à
cet endroit pendant une certaine période. Une horloge dans la pièce nous permettrait
de voir le temps passé. En même temps, nous serions en mesure de voir par la fenêtre
le lever et le coucher du soleil à certains intervalles. Quelques jours plus tard,
la réponse que nous donnerions à la question portant sur le temps passé dans la
pièce serait basée à la fois sur les informations recueillies en regardant l'horloge
de temps en temps et sur le calcul que nous aurions fait en nous référant au nombre
de fois où le soleil s'était levé et couché. Imaginons que, selon nos estimations,
nous avons passé trois jours dans la pièce. Toutefois, si la personne qui nous
avait mis dans cette pièce affirmait que nous n'y avons passé que deux jours et
que le soleil que nous avions vu par la fenêtre avait été artificiellement produit
par une machine de simulation et que l'horloge dans la pièce avait été réglée
de manière à fonctionner plus rapidement, alors le calcul que nous aurions fait
n'aurait aucun sens.
Cet exemple confirme que
les informations que nous avons sur la vitesse à laquelle le temps passe sont
basées sur des références relatives.
De façon
identique, le fait que chacun perçoive différemment la vitesse du temps qui passe
selon les situations est la preuve que le temps n'est qu'une perception psychologique.
A titre d'exemple, lorsque vous avez rendez-vous avec un ami, un retard de dix
minutes de sa part vous semblerait interminable, ou du moins très long. Alors
qu'à l'inverse, pour une personne qui manque de sommeil mais doit se réveiller
pour aller à l'école ou au travail, dix minutes supplémentaires peuvent paraître
très longues. Elle peut même penser que tout son besoin en sommeil a été satisfait
dans ces dix minutes. En certaines circonstances, c'est le contraire qui se produit.
Vous vous souvenez sûrement de vos années d'école. Après quarante minutes de cours
qui vous semblaient une éternité, les dix minutes de pause pouvaient vous sembler
passer très vite.
La méthodologie scientifique
a démontré la validité de la thèse de la relativité du temps. La théorie de la
relativité générale d'Einstein maintient que la vitesse du temps change en fonction
de la vitesse de l'objet et de sa position. Plus la vitesse augmente, plus le
temps est écourté et comprimé: il ralentit comme s'il allait "s'arrêter".
Essayons de l'expliquer par un exemple donné par Einstein
lui-même. Imaginez des jumeaux, l'un d'entre eux restant sur terre, tandis que
l'autre voyage dans l'espace à une vitesse proche de celle de la lumière. A son
retour, le voyageur verrait que son frère est beaucoup plus âgé que lui. La raison
en est que le temps est beaucoup plus lent pour une personne qui voyage à des
vitesses proches de la vitesse de la lumière. Le même cas s'appliquerait à un
père voyageant à travers l'espace dans une fusée, dont la vitesse serait de quatre-vingt-dix-neuf
pour cent celle de la vitesse de la lumière, et à son fils resté sur Terre. Si
le père est âgé de vingt-sept ans lorsqu'il part, son fils n'ayant que trois ans
d'âge, à son retour sur Terre trente ans plus tard (en temps terrestre) son fils
serait âgé de trente trois ans alors que le père ne serait âgé que de trente ans
seulement.27
La
relativité du temps n'est pas due au ralentissement ou à l'accélération des horloges,
ni au ralentissement d'un ressort mécanique. C'est plutôt le résultat des périodes
d'opérations différenciées de tout le système matériellement existant; un système
qui va jusqu'aux particules subatomiques. Autrement dit, pour celui qui vivrait
cette expérience, le raccourcissement du temps n'est pas vécu comme s'il s'agissait
du ralenti d'une action d'un film. Dans un tel décor où le temps est raccourci,
les battements du c¶ur, la reproduction des cellules et les fonctions cérébrales
etc. tout fonctionne plus lentement. Néanmoins, celui qui le subit poursuit sa
vie quotidienne et ne constate aucun changement.
Ces
faits révélés par la théorie de la relativité ont été vérifiés plus d'une fois
par différents hommes de science. Dans son livre Frontiers, Isaac Asimov affirme
aussi que 84 ans après la publication de la théorie de la relativité d'Einstein,
et toutes les fois que cette théorie a été testée, il était démontré à nouveau
qu'Einstein était dans le vrai.28
La relativité dans le Qor'an
Les découvertes de la science moderne nous mènent à la conclusion
que le temps n'est pas un fait absolu comme supposé par les matérialistes, mais
seulement une perception relative. Ce qui est le plus intéressant est que ce fait,
découvert par la science au 20ème siècle, a été révélé à l'humanité par le Qor'an
quatorze siècles plus tôt. Plusieurs références à la relativité du temps existent
dans le Qor'an.
Dans beaucoup de versets du
Qor'an, il est fait mention du fait, scientifiquement démontré, que le temps est
une perception psychologique qui dépend des événements, du lieu et des conditions.
Par exemple, que la vie entière d'une personne se passe en un temps très court,
comme nous le dit le Qor'an:
Le jour où
Il vous appellera, vous Lui répondrez en Le glorifiant. Vous penserez cependant
que vous n'êtes restés [sur terre] que peu de temps! (Sourate El Isra - 17, verset
52)
Et le jour où Il les rassemblera, ce
sera comme s'ils n'étaient restés qu'une heure du jour et ils se reconnaîtront
mutuellement…" (Sourate Younous - 10, verset 45)
Quelques
versets indiquent que les gens perçoivent le temps différemment et qu'ils peuvent
d'autres fois percevoir une période très courte comme un très long moment. La
conversation suivante qui se tient pendant le jugement, dans l'au-delà, est un
bon exemple:
Il dira: "Combien d'années
êtes-vous restés sur terre?" Ils diront: "Nous y avons demeuré un jour, ou une
partie d'un jour." Interroge donc ceux qui comptent. Il dira: "Vous n'y avez demeuré
que peu [de temps], si seulement vous saviez." (Sourate El Mou'minoun - 23, versets
112-114)
Dans d'autres versets, Dieu déclare
que le temps peut s'écouler différemment selon différentes situations:
… cependant, un jour auprès de ton Seigneur, équivaut
à mille ans de ce que vous comptez. (Sourate El Hadj - 22, verset 47)
Les Anges ainsi que l'Esprit montent vers Lui en
un jour dont la durée est de cinquante mille ans. (Sourate El Ma'aridj - 70, verset
4)
Du ciel à la terre, Il administre l'affaire,
laquelle ensuite monte vers Lui en un jour équivalent à mille ans de votre calcul.
(Sourate Essejda - 32, verset 5)
Ces versets
sont une expression claire de la relativité du temps. Cette découverte, très récemment
appréhendée par les hommes de sciences du 20ème siècle, a été révélée à l'homme
dans le Qor'an voilà 1400 ans. Il s'agit là d'une indication manifeste de la révélation
du Qor'an par Dieu, Qui embrasse la totalité du temps et de l'espace
Beaucoup d'autres versets du Qor'an révèlent que le
temps est une perception. C'est particulièrement manifeste dans les récits. Notamment,
Dieu maintient les Compagnons de la Caverne, un groupe de croyants cités par le
Qor'an, dans un profond sommeil pendant plus de trois siècles. Lorsqu'ils se réveillent,
ils pensent n'être restés endormis que pendant un petit moment et ne peuvent savoir
combien de temps a duré leur sommeil:
Alors
Nous avons assourdi leurs oreilles, dans la caverne pendant de nombreuses années.
Ensuite, Nous les avons ressuscités, afin de savoir lequel des deux groupes saurait
le mieux calculer la durée exacte de leur séjour". (Sourate El Kahf - 18, versets
11-12)
Et c'est ainsi que Nous les ressuscitâmes,
afin qu'ils s'interrogent entre eux. L'un parmi eux dit: "Combien de temps avez-vous
demeuré là?" Ils dirent: "Nous avons demeuré un jour ou une partie d'un jour."
D'autres dirent: "Votre Seigneur sait mieux combien [de temps] vous y avez demeuré..."
(Sourate El Kahf - 18, verset 19)
La description
que nous propose ce dernier verset nous montre encore une fois que le temps est
en vérité une perception psychologique.
Ou
comme celui qui passait par un village désert et dévasté: "Comment Allah va-t-Il
redonner la vie à celui-ci après sa mort?" dit-il. Allah donc le fit mourir et
le garda ainsi pendant cent ans. Puis Il le ressuscita en disant: "Combien de
temps as-tu demeuré ainsi?" "Je suis resté un jour", dit l'autre, "ou une partie
d'une journée." "Non!" dit Allah, "tu es resté cent ans. Regarde donc ta nourriture
et ta boisson: rien ne s'est gâté; et regarde ton âne. Et pour faire de toi un
signe pour les gens, regarde ces ossements, comment Nous les assemblons et les
revêtons de chair." Et devant l'évidence, il dit: "Je sais qu'Allah est Omnipotent."
(Sourate El Baqara - 2, verset 259)
Le verset
précédent souligne clairement que Dieu, Qui a créé le temps, n'y est pas lié.
L'homme, de son côté, est limité par le temps, qui est décrété par Dieu. L'homme
est même incapable de savoir combien de temps il a dormi, comme nous l'apprend
le verset. Ceci étant ainsi, affirmer que le temps est absolu (comme le font les
matérialistes dans leur façon de pensée tordue) est totalement déraisonnable.
Le destin
Cette
relativité du temps clarifie une question très importante. La relativité est si
variable qu'une période nous apparaissant durer des milliards d'année peut n'être
qu'une seconde seulement selon une autre perspective. Bien plus, une période de
temps phénoménale, s'étendant du commencement du monde à sa fin, peut ne même
pas durer une seconde, mais juste un instant dans une autre dimension.
C'est l'essence même du concept de destin - un concept
qui n'est pas bien compris par la plupart des gens, et en particulier les matérialistes
qui le nient totalement. Le destin est la connaissance parfaite de Dieu de tous
les événements passés ou à venir. La plupart des gens se demandent comment Dieu
peut connaître les événements avant qu'ils ne se produisent et cela les empêche
de comprendre la réalité du destin. Cependant, "les événements qui ne se sont
pas encore produits" n'apparaissent ainsi que pour nous. Dieu n'est pas lié au
temps ou à l'espace, car Il les a Lui-même créés. C'est pour cette raison que
le passé, l'avenir et le présent sont exactement identiques pour Dieu; pour Lui
tout a déjà eu lieu et s'est achevé.
Dans L'univers
et le docteur Einstein, Lincoln Barnett explique comment la théorie de la relativité
générale mène à cette conclusion. Selon Barnett, l'Univers ne peut être "englobé
dans sa majesté entière que par un intellect cosmique". La volonté que Barnett
appelle "l'intellect cosmique" est la sagesse et le savoir de Dieu, Qui règne
sur l'Univers dans sa totalité. Tout comme nous pouvons facilement voir les deux
extrémités d'une règle et son centre ainsi que chaque élément de l'ensemble, de
même Dieu connaît le temps auquel nous sommes soumis comme s'il s'agissait d'un
seul moment depuis son commencement à sa fin. Mais, les gens ne vivent les événements
que lorsqu'ils se produisent et ils sont témoins du destin que Dieu a créé pour
eux.
Il est également important d'attirer l'attention
à la superficialité de la compréhension déformée du destin, telle qu'elle est
répandue dans la société. Cette croyance déformée à propos du destin est une superstition
prétendant que Dieu a déterminé"un destin" pour
chaque homme, mais que les gens peuvent parfois modifier ces destins. Les gens
font, par exemple, des déclarations superficielles à propos d'un malade qui "revient"
de la mort, disant qu'"il
a vaincu son destin". Personne n'est en mesure de changer
son destin. La personne, qui est "revenue" de la
mort, n'est précisément pas morte parce qu'elle était destinée à ne pas mourir
à ce moment précis. C'est, ironiquement, le destin de ces gens, qui se leurrent
en disant "j'ai vaincu mon destin", qu'ils soient amenés à le dire en entretenant
une telle mentalité. Dans le verset, "… et aucune existence
n'est prolongée ou abrégée sans que cela soit consigné dans un livre. Cela est
vraiment facile pour Allah (Sourate Fatir - 35, verset 11), il est affirmé que
toutes choses qui se produisent ne sont que l'arrêt du destin. Le destin est la
connaissance éternelle de Dieu, et pour Dieu, Qui connaît le temps comme un moment
unique et Qui règne sur la totalité du temps et de l'espace, tout est déterminé
et s'achève en destin.
Nous comprenons aussi
de ce qu'Il nous enseigne dans le Qor'an que le temps est unique pour Dieu: certains
incidents qui nous semblent n'exister que dans le futur sont rapportés dans le
Qor'an comme s'ils s'étaient déjà produits. A titre d'exemple, les versets qui
décrivent les comptes que les gens doivent rendre à Dieu dans l'au-delà sont racontés
comme des événements qui sont déjà arrivés depuis longtemps:
On souffla alors dans le clairon (de l'Apocalypse)
et tous les habitants des cieux et de la terre tombèrent foudroyés sauf ceux que
Dieu a bien voulu épargner. Puis on y souffla de nouveau, et les voilà debout,
les yeux grands ouverts. La terre resplendit (à ce moment) de la lumière de son
Seigneur. On déposa le livre et on fit venir les Prophètes et les Martyrs. On
jugea entre eux en toute équité et ils ne subissent aucune justice... On conduisit
ceux qui avaient mécru à l'enfer en groupes homogènes… Et l'on conduisit au paradis,
en groupes homogènes, ceux qui avaient craint pieusement leur Seigneur… ( Sourate
Ezzoumar - 39, versets 68-73)
D'autres versets
sur le sujet:
Chaque âme vint alors accompagnée
d'un conducteur et d'un témoin. (Sourate Qaf - 50, verset 21)
En
récompense de leur patience, Il leur donna paradis et soie. Ils y sont accoudés
sur des lits à dais et ils n'y voient ni soleil, ni froid glacial. (Sourate El
Insan - 76, versets 12-13)
Aujourd'hui,
donc, ce sont ceux qui ont cru qui rient des infidèles... (Sourate El Moutaffifin
- 83, verset 34)
Et les criminels virent
le feu. Ils furent alors convaincus qu'ils allaient y tomber et ils ne trouvèrent
nul endroit où le fuir. (Sourate El Kahf - 18, verset 53)
Comme
on peut le constater, des événements qui ne se produiront qu'après notre mort
(de notre point de vue) sont relatés dans le Qor'an comme des événements du passé,
déjà vécus. Dieu n'est pas lié à la relativité du temps à laquelle nous sommes
confinés. Dieu a voulu cela dans l'intemporalité: les gens ont déjà vécu tous
ces événements qui se sont achevés. Il expose dans le verset plus bas que chaque
événement, grand ou petit, est dans le savoir de Dieu et est enregistré dans un
livre:
Vous ne vous trouvez dans aucune
situation, vous ne récitez aucun passage du Qor'an, vous n'accomplissez aucun
acte sans que Nous soyons témoin au moment où vous l'entreprenez. Il n'échappe
à ton Seigneur ni le poids d'un atome sur terre ou dans le ciel, ni un poids plus
petit ou plus grand qui ne soit déjà inscrit dans un livre évident. (Sourate Younous
- 10, verset 61)
L'acquisition des
croyants
Les sujets abordés dans ce chapitre,
à savoir la vérité sous-jacente à la matière, l'intemporalité et l'"a-spacialité"
sont en fait extrêmement clairs. Comme expliqué plus haut, il ne s'agit très certainement
ni de philosophie, ni d'un mode de pensée, mais de preuves scientifiques irréfutables.
Et, au-delà de sa réalité technique, l'évidence n'admet aucune alternative rationnelle
ou logique sur cette question: l'Univers est une entité illusoire en y associant
toute la matière qui le compose et tous les êtres qui y vivent. Ce n'est qu'un
ensemble de perceptions.
Quant à ceux qui ne croient pas aux Signex d'Allah, Allah
ne les guide pas. Et ils ont un chàtiment douloureux. (Sourate Ennahl - 16, verset
104)
Les matérialistes sont confrontés
à de grosses difficultés pour comprendre cette question. La raison fondamentale
qui empêche les matérialistes de saisir ce sujet est liée à leur crainte inconsciente
de l'inconnu. Lincoln Barnett nous dit que certains hommes de sciences ont "discerné"
ce point:
"Du fait que les philosophes sont
réduits à un monde-fantôme de perceptions, pour toute réalité objective, les scientifiques
ont pris conscience des limitations alarmantes des sens de l'homme." 29
Alors que la matière
et le temps sont des perceptions qui alarment les matérialistes, c'est le contraire
qui rassure les croyants. Les gens qui ont la foi sont très heureux de connaître
le secret sous-jacent à la matière, parce que cette réalité est la clef de toutes
les questions. Grâce à cette clef, tous les secrets sont dévoilés. Et, il nous
est plus aisé de comprendre les questions qui ne trouvaient pas de réponse précédemment.
Comme signalé auparavant,
les questions de la mort, du paradis, de l'enfer, de l'au-delà, des différentes
dimensions, ainsi que des questions telles que "où est Dieu?", "qu'y avait-il
avant Dieu?", "qui a créé Dieu?", "combien de temps la vie dans la tombe dure-t-elle?",
"où sont le paradis et l'enfer?" et enfin "dans quel lieu le paradis et l'enfer
existent-ils actuellement?" sont des questions auxquelles il est aisé de répondre.
On pourra comprendre avec quel type d'ordre Dieu a créé tout l'Univers à partir
de rien du tout. C'est tellement vrai qu'en saisissant ce secret, les questions
du "quand?" et du "où?" n'ont plus de sens parce qu'il n'y a pas plus de temps
que d'espace. Et, lorsque l'"a-spacialité" (absence d'espace) sera saisie, il
sera aisé de comprendre que l'enfer, le paradis et la terre sont tous, en réalité,
au même endroit. Et lorsque l'intemporalité sera comprise, il sera compris que
tout a lieu en un seul moment: rien n'est en attente et le temps ne se déroule
pas, parce que tout est déjà arrivé et s'est achevé. Cela signifie en toute vérité
que l'éternité a déjà commencé.
Avec
ce secret ouvertement connu, le monde devient comme un paradis pour le croyant.
Tous les soucis matériels pénibles, les ennuis et les craintes disparaissent.
Il comprend que l'Univers entier n'a qu'un seul Souverain, qu'Il change la totalité
du monde physique comme il Lui plaît et que ce qu'il nous reste à faire est de
se tourner vers Lui. Il se soumet alors entièrement à Dieu "pour être voué à Son
service" (sourate Al 'Imran - 3, verset 35).
Comprendre
ce secret est certainement la plus grande acquisition de ce monde.
23.
François Jacob, Le Jeu des Possibles, University of Washington Press, 1982, p.
111 24.
Lincoln Barnett, The Universe and Dr. Einstein, William Sloane Associate, New
York, 1948, p. 52-53 25. Lincoln Barnett, The Universe and Dr. Einstein, William Sloane
Associate, New York, 1948, p. 17 26. Lincoln Barnett, The Universe and Dr. Einstein, William Sloane
Associate, New York, 1948, p. 58 27. Paul Strathern, The Big Idea:Einstein and Relativity, Arrow
Books, 1997, p. 57 28. Isaac Asimov, "Frontiers" 29. Lincoln Barnett, The Universe and Dr. Einstein, William Sloane
Associate, New York, 1948, p. 84