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LA CONSCIENCE ET LE CORAN METTENT EN EVIDENCE LA CROYANCE EN L'AU-DELA AVEC CERTITUDE
Celui qui se rend compte qu'il est dans ce monde pour être éprouvé par Allah aura une autre façon de raisonner. Si nous sommes mis à l'épreuve durant toutes nos vies – la mort ne peut donc pas être une fin – nous devons croire qu'il y aura un résultat à cette épreuve, non pas dans la vie présente mais dans l'au-delà. Dans le passé, il y eut des tyrans, des débauchés et des meurtriers, mais aussi des messagers d’Allah et des saints qui ont consacré leurs vies entières à la cause d’Allah. Il y eut aussi des pauvres et des malheureux soumis à l'oppression. Tous ont disparu de la surface de la Terre; les bons et les mauvais sont tous dans leurs tombes. Il ne reste rien d'eux, sinon quelques ossements. Toutefois, Allah, Maître de la justice éternelle, ne mettra pas fin à la vie de ce monde sans récompenser chaque homme en fonction de ses œuvres. Les comptes n'étant pas complètement réglés dans ce monde, il est nécessairement un endroit pour lequel le jugement est suspendu.
Les gens de conscience trouveront dans le Coran les versets suivants dans lesquels Allah déclare qu'Il a remis le règlement des comptes à l'au-delà, où chacun sera entièrement récompensé pour ses actes dans ce monde :
C'est vers Lui que vous retournerez tous, c'est là, la promesse d’Allah en toute vérité ! C'est Lui qui fait la création une première fois puis la refait [en la ressuscitant] afin de rétribuer en toute équité ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres. Quant à ceux qui n'ont pas cru, ils auront un breuvage d'eau bouillante et un châtiment douloureux à cause de leur mécréance ! (Sourate Yunus, 4)
Très certainement, ton Seigneur fera leur pleine rétribution à tous pour leurs œuvres… Il est parfaitement Connaisseur de ce qu'ils font. (Sourate Hud, 111)
Ceux qui se réfèrent au Coran savent que tout ce qu'ils font est connu d’Allah et que tout acte, bon et mauvais, sera récompensé. Aucune action n'est oubliée ni négligée, comme beaucoup peuvent le supposer à tort. Allah dépeint dans le Coran le jour des çomptes et la vie réelle qui attend chacun après le solde des comptes.
La vie de ce monde ici-bas est un lieu temporaire d'épreuves. La vie réelle est dans l'au-delà, dans le paradis ou en enfer. Après la mort, chacun sera interrogé pour chacune de ses actions. Ceux qui ont vécu selon l'agrément d’Allah vivront pour toujours dans la plus merveilleuse demeure possible pour un être humain. Quant aux autres, ils mène-ront une vie éternelle dans l'enfer où ils connaîtront les formes les plus extrêmes de douleur et de détresse. La vraie vie commencera après la mort.
Suivre sa conscience dans une vie régie par le jeu et l'amusement est contradictoire. On préfère élaborer des plans dont on profitera dans ce monde, mais aucun de ces plans ne concerne la mort ou l'au-delà. La mort, cependant, est une réalité beaucoup plus absolue que tous ces projets. Or, les gens ne la prennent pas en considération. Ils essayent de vivre leurs vies comme s'ils ne mourront jamais. Que peut être alors la cause pour laquelle une grande majorité mène sa vie dans cette ignorance ?
Pour répondre à cette question, il faut quelque peu réfléchir : combien de fois avez-vous pensé à la mort pendant toute votre vie ? Avez-vous jamais pensé qu'un jour vous mourrez, tous les gens que vous aimez et qui vous aiment vous enterreront alors et quitteront votre tombe pour continuer à mener leurs vies quotidiennes ? Tout ce que vous avez possédé n'aura plus de valeur pour vous. Avez-vous déjà envisagé comment la mort advient ? Votre chair pourrira sous le sol, mais votre âme, qu'éprouverat-elle ?
L'homme a une âme et l'âme ne disparaît pas. Après que l'homme meurt, une nouvelle vie commence pour elle, mais est-ce qu'il s'est déjà demandé quelle sorte de vie l'attend ? Comme la majorité des gens, on n'aura peut-être jamais pensé à de telles choses, car cela épouvante. On essaye d'éviter ces discussions autant que possible. Quand ce sujet est évoqué, on tente par des plaisanteries ou des remarques impertinentes d'exorciser la peur qu'on éprouve.
Pourquoi essayer d'échapper à cette réalité ? L'ignorance l'empêchera-t-elle d'avoir lieu ? Non, bien entendu. La raison pour laquelle on évite de penser à la mort et à l'au-delà est que cela pousse à l'action, en rappelant que l'on est responsable envers Allah et que l'on rendra des comptes de tout acte, après la mort. Au moment où la conscience se réveille, tout ce qui a été fait jusque-là perd son importance et l'homme se rend compte de ce qui est vraiment important pour lui. Il peut être difficile de se dire que toute cette vie n'aura aucune importance au moment de mourir, mais réfléchir à la mort permet de comprendre toutes les vérités. La mort peut vous arriver alors que vous ne vous y attendez pas du tout. Il est fort probable que vous n'aurez aucune chance de vous préparer. Cela pourrait avoir lieu tout de suite ou dans quelques années.
La vraie conscience est celle que l'on éprouve au moment où on voit les anges de la mort et le feu d'enfer
Vous avez peut-être déjà vu quelqu'un mourir. Mourir son corps certes, mais il y a parallèlement aussi l'expérience que l'âme subit pendant la mort, que seul le mourant connaît. La mort du corps peut paraître très paisible, dans le cas par exemple d'une personne qui meurt naturellement dans son lit, ou très difficile dans le cas d'un accident de voiture ou d'une longue et grave maladie. Cependant, l'expérience de la mort pour l'âme est très différente de ce qu'elle semble être.
Si la personne qui meurt est un croyant, son âme sera ravie facilement et deux anges lui annoncent des bonnes nouvelles pour sa vie éternelle. Elle n'est ni effrayée, ni peinée, car elle possède la joie incommensurable de savoir qu'elle sera dans le bonheur et la paix pour l'éternité :
Ceux dont les anges reprennent l'âme – alors qu'ils sont bons – [les anges leur] disent : "Paix sur vous ! Entrez au paradis, pour ce que vous faisiez." (Sourate an-Nahl, 32)
Ils ne devancent pas Son commandement et agissent selon Ses ordres. (Sourate al-Anbiya, 27)
Dans le cas d'un homme qui n'a pas mené sa vie d'une manière conforme à l'agrément d’Allah, peu importe comment son corps meurt, ce que son âme éprouve sera le commencement d'une vie pleine de supplices. Allah avertit ces gens dans le Coran :
Qu'adviendra-t-il d'eux quand les anges les achèveront, frappant leurs faces et leurs dos ? (Sourate Muhammad, 27)
C'est pourquoi essayer d'imaginer le moment de la mort vous incitera à vous comporter avec une conscience et une sincérité totales. La mort peut vous surprendre alors que vous conduisez votre voiture ou que vous vaquez à une occupation quelconque. Soudainement vous serez face aux deux anges de la mort, qui peuvent être d'une apparence horrifiante pour ceux qui n'ont pas mené leurs vies en conformité avec la volonté divine et qui ont ignoré la mort et l'au-delà. Dans le Coran, il est rapporté que ces anges tendent leurs mains à la personne dont ils sont venus prendre la vie, la tirent à d'eux et lui annoncent un supplice dégradant et éternel, en battant son visage et son dos. La séparation de l'âme du corps cause une grande douleur. L'homme comprend alors ce qui l'attend par la suite. Ce moment est décrit dans la sourate al-Qiyamah :
Et il y aura ce jour-là, des visages assombris qui s'attendent à subir une catastrophe. Mais non ! Quand [l'âme] en arrive aux clavicules et qu'on dit : "Qui est exorciseur [qui puissent guérir l'agonisant] ?" et qu'il [l'agonisant] est convaincu que c'est la séparation [la mort], et que la jambe s'enlace à la jambe, c'est vers ton Seigneur, ce jour-là que tu seras conduit. Mais il n'a ni cru, ni fait la prière [salat]; par contre, il a démenti et tourné le dos. (Sourate Qiyamah, 24-32)
Vous aussi ferez certainement l'expérience de l'instant de la mort. Qu'est-ce qui sera alors important ? Qu'est-ce qui sera alors insignifiant pour vous à ce moment-là ? Que regretterez-vous d'avoir fait ou de ne pas avoir fait ? Quels seront les conseils que vous souhaiteriez avoir suivis ? Qui sera la personne que vous souhaiteriez n'avoir jamais ren-contrée ? Dans quelle mesure alors les petites choses de la vie, celles du travail vous intéresseront-elles ? Quelle importance aura la robe qu'il aurait fallu porter lors d'une soirée, ou les opinions d'autrui sur votre apparence en comparaison de la réalité de l'au-delà ?
Si une personne n'a pas tenu compte de la satisfaction d’Allah pendant sa vie et n'a pas fait de son mieux pour gagner Son agrément, elle éprouvera au moment de la mort, outre une grande crainte, un remords qu'elle ne saura réprimer. Les déclarations pleines de regret comme "je souhaiterais avoir écouté telle personne.", "je voudrais avoir fait mes prières régulières.", "je désirerais avoir vécu pour Allah, etc." continueront à l'occuper. Pendant ce temps, la mort se fera ressentir de plus belle, car les deux anges la traîneront en enfer en l'humiliant. Avant d'y pénétrer, chacun sera interrogé tour à tour et comprendra pourquoi il a une place en en-fer. A ce moment, l'homme sera pris d'une horreur indicible : tous ses faits et gestes, toutes ses pensées lui seront montrés un à un. Tout ce qu'il croyait être le seul à savoir et bien d'autres choses encore, qu'il aura lui-même oublié, lui seront exposés.
Ce jour-là, le gens sortiront séparément pour que leur soient montrées leurs œuvres. Quiconque fait un bien fût-ce du poids d'un atome, le verra, et quiconque fait un mal fût-ce du poids d'un atome, le verra. (Sourate az-Zalzalah, 6-8)
Pensez à ce qui vous fera éprouver du regret quand votre vie entière vous sera exposée de la sorte. Qu'est-ce qui vous fera dire “ je regrette d'avoir fait ceci" "je regrette de ne pas avoir fait cela"?:
Ce jour-là est inéluctable. Que celui qui veut prenne donc refuge auprès de son Seigneur. Nous vous avons avertis d'un châtiment bien proche, le jour où l'homme verra ce que ses deux mains ont préparé; et l'infidèle dira : Hélas pour moi ! Comme j'aurais aimé n'être que poussière. (Sourate an-Naba, 39-40)
En outre, les gens éprouveront une grande colère et une répugnance contre eux-mêmes pour tout ce qu'ils ont commis dans la vie ici-bas. Pire, plus grandes encore seront la colère et le courroux d’Allah à leur encontre :
A ceux qui n'auront pas cru on proclamera : l'aversion d’Allah [envers vous] est plus grande que votre aversion envers vous-mêmes, lorsque vous étiez appelés à la foi et que vous persistiez dans la mécréance. (Sourate Gafir, 10)
Dans le Coran, il est rapporté que le regret et le souvenir seront vains ce jour-là. Tout sera alors trop tard. Il ne sera plus possible de réparer ce qui a été fait dans le passé. Les portes de l'enfer se fermeront sur l'homme pour l'éternité :
... et que ce jour-là, on amènera l'enfer; ce jour-là, l'homme se rappellera. Mais à quoi lui servira de se souvenir ? Il dira : Hélas ! Que n'ai-je fait du bien pour ma vie future ! Ce jour-là donc nul ne saura châtier comme Lui châtie, et nul ne saura garrotter comme Lui garrotte." (Sourate al-Fajr, 23-26)
Tous les hommes, même les plus égarés, verront clairement tout au moment de la mort et quand ils rendront leurs comptes, mais le retour étant impossible, ils ne pourront plus modifier leur situation. Le but de ce livre est d'éveiller la conscience de chacun, tant qu'il est encore temps et d'inviter cha-cun à vivre une vie par laquelle on peut réparer les fautes du passé afin de n'éprouver aucun regret dans l'au-delà.
La différence entre les gens qui suivent toujours leur conscience morale et ceux qui ne le font pas est la force de la foi que les gens de conscience ont en Allah et dans l'au-delà. Un homme de conscience agit toujours comme s'il était interrogé tout près de l'enfer. Allah évoque dans le Coran certains de Ses messagers, qui se souvenaient toujours de l'au-delà :
Et rappelle-toi Abraham, Issac et Jacob, Nos serviteurs puissants et clairvoyants. Nous avons fait d'eux l'objet d'une distinction particulière : le rappel de l'au-delà. (Sourate Sad, 45-46)
VIVRE LE CORAN EN SUIVANT LA CONSCIENCE MORALE A TOUT MOMENT
Le but unique d'une personne qui se rend compte de l'existence d’Allah et de l'au-delà est de plaire à Allah et de vivre éternellement dans le paradis. Il est impossible pour celui qui se conforme à sa conscience d'avoir un autre objectif. La grande erreur de l'homme est de penser que la religion est une croyance qui ne comprend qu'une petite partie de sa vie : on se la rappelle qu'occasionnellement et on la confine à quelques cultes d'adoration. Selon le Coran, tout au contraire, la vie entière de l'homme, outre l'aspect cultuel, doit être consacré à Allah :
Dis : "En vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l'univers." (Sourate al-Anam, 162)
Cela signifie que dans toutes ses paroles, ses décisions et ses actes, l'homme doit prêter attention à obtenir la satisfaction d’Allah. S'il pense qu'une chose ne Lui est pas agréable, il doit absolument l'éviter. Il n'y a aucun autre choix pour celui qui sera appelé à rendre des comptes pour la vie qu'il a menée : la demeure éternelle dépendra du résultat. En outre, qui n'est pas ingrat et qui pense et comprend la vérité ne considérera sûrement rien de plus important que le contentement de son Créateur, qui l'a créé de rien, lui a donné la vie quand il n'était rien et lui a accordé la possibilité de vivre dans le paradis pour toujours.
Celui qui décide de passer toute sa vie pour Allah se doit d'écouter sa conscience pour découvrir comment il pourra Lui plaire. Dans le Coran, Allah a clairement défini tous Ses ordres et les actes qu'Il interdit. Suivre sa conscience permet d'observer strictement ces commandements. On prend comme guide les modèles de bons comportements décrits dans le Coran pour agir avec une très grande sincé-rité et mettre en pratique les préceptes coraniques du mieux possible. La prière est l'une de ces obligations :
Quand vous avez accompli la prière, et invoquez le nom d’Allah, debout, assis ou couchés sur vos côtés. Puis lorsque vous êtes en sécurité, accomplissez la prière [normalement], car la prière demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés. (Sourate an-Nisa, 103)
Si l'on peut soit suivre ce que dicte sa conscience morale en conformité avec ce que le Coran exige soit éviter de suivre les commandements coraniques en avançant divers prétextes, il ne faut cependant jamais oublier que, quelle que soit l'excuse avancée pour ne pas accomplir les prières, elle ne sera pas acceptée dans l'au-delà. Dans un autre verset, Allah demande à l'homme d'agir avec équité, quelles que soient les conditions et les circonstances :
O les croyants ! Observez strictement la justice et soyez des témoins [véridiques] comme Allah l'ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux, Allah a priorité sur eux deux [et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous]. Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez que] Allah est parfaitement connaisseur de ce que vous faites. (Sourate an-Nisa, 135)
Accomplir les commandements d’Allah avec soin même s'ils vont à l'encontre de ses propres intérêts n'est possible qu'en écoutant la voix de la conscience. Pensons à quelques situations que peut affronter celui qui est invité à prêter attention au verset ci-dessus. Il est possible par exemple qu'une personne témoignant avec justice lors d'un procès cause la condamnation d'un de ses parents. Néanmoins, même dans une situation pareille, une personne qui sait qu'elle rendra des comptes après sa mort écoute la voix de sa conscience et agit conformément aux injonctions coraniques. Rien de ce monde ne peut être plus grand que les bénéfices de l'au-delà. Nous lisons dans un autre verset :
O les croyants ! Soyez stricts [dans vos devoirs] envers Allah et [soyez] des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l'équité : cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes parfaitement connaisseur de ce que vous faites. (Sourate al-Maidah, 8)
Pour qu'une personne puisse agir en conformité avec ce verset, elle doit maîtriser sa colère même quand elle est furieuse et rendre une décision juste. Elle peut ne pas aimer celui avec qui elle converse à cause de ses attitudes et des ses paroles, et même porter une rancune à son égard. Cependant, quel que soit le caractère de cette personne, il faut obéir à l'ordre d’Allah Qui exige d'être juste envers cha-cun. Dans un autre verset, Allah nous commande d'éviter le soupçon et le commérage :
… ceux qui s'ébattent dans des discours frivoles. (Sourate al-Hujurat, 12)
Allah prémunit donc l'homme de certains mauvais traits de caractère. En réalité, les trois manières spécifiques mentionnées dans ce verset sont en corrélation. Quelqu'un qui médit a de mauvais soupçons sur la personne qu'il médit. De la même façon, quelqu'un qui espionne un autre le fait en raison de certains soupçons. De tels types de comportements sont très communs et sont acceptés par la société, d'une façon ou d'une autre, bien qu'ils soient certainement contraires à la conscience morale.
S'imaginer dans une situation pareille peut s'avérer être utile. Nul ne voudrait jamais être espionné ni voir ses secrets et ses fautes révélés. Nul ne voudrait faire l'objet de commérages ou de soupçons malintentionnés, car cela afflige particulièrement. Cela est mauvais et inexcusable. La conscience morale permet d'éviter de faire à autrui ce qu'on refuse que l'on nous fasse. C'est pourquoi Allah compare ces manières à "manger la chair morte de son frère". Ceci est aussi répugnant que médire, soupçonner et chercher les défauts d'autrui. Allah avertit ceux qui s'adonnent à de tels actes :
Malheur à tout calomniateur diffamateur, qui amasse une fortune et la compte, pensant que sa fortune l'immortalisera. Mais non ! Il sera certes, jeté dans la Huttamah [l'enfer]. Et qui te dira ce qu'est la Huttamah ? Le feu attisé d’Allah Qui monte jusqu'aux cœurs. Il se refermera sur eux, en Colonnes [de flammes] étendues. (Sourate al-Humazah, 1-9)
Médire, chercher à percer les secrets d'autrui et accuser les gens sur la simple base du soupçon sont souvent les produits de la jalousie, de l'envie et de la rancune, contraires aux enseignements coraniques. Un tel comportement est incompatible avec la conscience morale bien qu'il soit répandu. Quand on considère comment Allah blâmera ces actes, la conduite à suivre, la plus appropriée et en conformité avec le Coran, est de toujours les éviter et de décourager vivement les autres de les faire.
Le comportement et les pensées d'une personne qui a saisi l'essence du Coran seront basés sur les bonnes actions prescrites par l'Islam. Autrement dit, celui qui possède ce bon caractère pensera et agira toujours avec conscience. Il n'oubliera jamais la mort et l'au-delà que tous ses actes viseront. Il réfléchira à l'au-delà non seulement pour lui-même mais aussi pour ceux qu'il aime et sa communauté entière. Tous ses efforts seront pour se préparer à cette demeure éternelle. Il considère même ce qui paraît bien ordinaire, toujours en se référant non pas au monde ici-bas, mais à l'au-delà. Par exemple, s'il a un ami très riche, il pense immédiatement que son ami rencontrera, lui aussi, la mort un jour et qu'il rendra des comptes. Il prend soin en particulier de ne pas faire des discours qui pourraient attacher son ami à la vie mondaine. Il lui rappelle le paradis et l'enfer. Il prie pour son bien et sa paix dans le monde d'ici-bas et dans l'au-delà, et souhaite que Allah les unisse dans un milieu heureux après la mort. Il manifeste son amour pour cet ami en lui ordonnant le convenable et en lui interdisant le blâmable.
A première vue, quelqu'un qui se conforme à sa conscience et cherche toujours la satisfaction d’Allah peut sembler ne différer d'aucun autre. Lui aussi va au travail ou à l'école, fait des achats et s'amuse. Cependant, il cherche à satisfaire Allah en tout ce qu'il fait. Dans un verset, Allah nous dit :
Dans des maisons [des mosquées] que Allah a permis que l'on élève, et ou Son nom est invoqué ; Le glorifient en elles matin et après-midi. (Sourate an-Nur, 36)
On peut se demander comment il est possible de chercher le contentement d’Allah dans les actes quotidiens et de se Le rappeler à chaque instant. Premièrement, il convient de dire que pour celui qui suit sa conscience, les actes d'adoration et les commandements d’Allah sont au-dessus de toute autre chose. Il n'oublie jamais que Allah l'observe toujours. Dans le commerce, il ne s'intéresse pas aux bénéfices de ce monde, mais à ceux de l'au-delà. Il n'accepte jamais la malhonnêteté et prend toujours garde à commettre un quelconque acte qu'il ne sera pas capable d'expliquer et dont il aura honte dans sa vie future. Même s'il se sait perdant dans telle ou telle transaction, il ne peut jamais tromper son client en trichant sur le poids ou le calcul. Il est toujours fiable et digne de confiance. Il ne retarde pas le paiement de ses dettes quand il a les moyens de s'en acquitter. Si son débiteur est dans la difficulté, il peut renoncer à son dû. Dans le Coran, il est ainsi conseillé :
A celui qui est dans la gêne, accordez un sursis jusqu'à ce qu'il soit dans l'aisance. Mais il est mieux pour vous de faire remise de la dette par charité ! Si vous saviez ! (Sourate al-Baqarah, 280)
Un croyant n'oublie jamais que le pouvoir qui le fera prospérer appartient seul à Allah. Il n'est pas transgresseur, ni gâté par ses biens ; au contraire il remercie Allah pour toutes les faveurs qu'Il lui accorde.
Il y a beaucoup d'autres événements que l'homme rencontre dans sa vie quotidienne par lesquels il peut se rappeler Allah et rechercher Son agrément, se fiant à la vérité et à la sagesse de Sa parole transmise par Son Messager dans le Coran. Qui veut vivre par la religion se doit de lire le Coran et de mettre en pratique cette lecture.
La conscience recherche ce qui plaît le plus à Allah
La conscience de l'homme est très exigeante dans la recherche de l'agrément du Créateur. Elle réfléchit toujours à la question : "Comment puis-je plaire le plus à Allah ?" Elle ne recherche jamais le contentement d'autrui ou ne s'inquiète jamais de l'opinion des hommes. Elle ne se tourne en péni-tence qu'à Allah.
Certaines personnes vivent l'Islam sans se servir de leur conscience, d'une manière imitative et habituelle, comme elles l'ont observé chez les autres. Elles se contentent d'observer certains rites, et choisissent ainsi un genre de vie à peine empreint de religiosité. Cela s'explique par le fait qu'elles veulent éviter le conflit avec leur entourage ou simplement qu'elles ont été élevées de cette façon. Plutôt que de s'efforcer à plaire à Allah, elles se demandent : "Quel est le minimum que je dois faire pour faire croire aux gens que je suis religieux ?”
Il est, cependant, impossible de vivre l'Islam sans user entièrement de la conscience. Une personne vraiment de conscience est toujours à la recherche de la meilleure manière de pratiquer chaque acte d'adoration, afin de s'assurer que rien ne lui coûtera cher le Jour des Comptes. Elle sait qu'elle sera récompensée dans l'au-delà pour son comportement ici-bas. Allah avertit les gens sur ce point :
Et accomplissez la prière et acquittez la zakat. Et tout ce que vous avancez de bien pour vous-mêmes, vous le retrouverez auprès d’Allah, Car Allah voit parfaitement ce que vous faites. (Sourate al-Baqarah, 110)
Allah ordonne à chacun de toujours faire de son mieux, de la plus belle manière, et de s'exprimer de la meilleure des façons.
Et dis à Mes serviteurs d'exprimer les meilleures paroles, car le Diable sème la discorde parmi eux. Le Diable est certes, pour l'homme, un ennemi déclaré. (Sourate al-Isra, 53)
Celui qui est au courant de ce commandement d’Allah trouve les meilleurs mots en se référant à sa conscience. Il ne prononce pas ce qui lui vient à la bouche spontanément et réfléchit avant de parler. Il fait les discours les plus beaux et il prend garde à ne pas offenser ou décourager les gens avec qui il dialogue. Il choisit le discours qui contente Allah et, ce faisant, il emploie sa conscience comme une référence clef.
Dans un autre verset, Allah catégorise l'humanité en trois groupes selon leur attachement à l'Islam :
Ensuite, Nous fîmes héritiers du Livre ceux de Nos serviteurs que Nous avons choisis. Il en est parmi eux qui font du tort à eux-mêmes, d'autres qui se tiennent sur une voie moyenne, et d'autres avec la permission d’Allah devancent [tous les autres] par leurs bonnes actions ; telle est la grâce infinie. (Sourate Fatir, 32)
Comme il est mentionné dans le verset, certaines personnes ne vivent pas l'Islam. D'autres n'en suivent qu'une partie et ne consacrent que très peu de leur temps et de leurs moyens pour l'Islam, pourvu que cette dépense n'aille pas à l'encontre de leurs intérêts. Ils ne font pas de sérieux efforts pour que l'Islam et la bonne moralité soient propagés parmi les hommes. Pensant qu'ils observent le licite et l'illicite, ils pensent que les quelques actes d'adoration qu'ils pratiquent suffisent et cela leur donnent bonne conscience.
Il convient à la conscience de choisir et de pratiquer les conduites les plus correctes et de se parer des manières les plus belles. Allah se réfère dans le Coran à ceux qui suivent le meilleur :
... qui prêtent l'oreille à la parole, puis suivent ce qu'elle contient de meilleur. Ce sont ceux-là que Allah a guidés et ce sont eux les doués d'intelligence ! (Sourate az-Zumar, 18)
Le troisième groupe consiste en ceux qui agissent en pleine conformité avec leur conscience. Ils rivalisent dans les bonnes œuvres pour gagner la récompense la plus haute de leur Seigneur et marchent avec fermeté dans chaque service et dans chaque acte de bonté, sans attendre qu'un autre le fasse. Ayant conscience du besoin de se dépasser, il se se contente jamais du moindre.
Comme nous venons de le voir, la conscience exige non seulement de connaître Allah et d'accepter Son existence, mais aussi d'accomplir les actes qui Lui plairont et de prêter grande attention à cela. La majorité des gens suppose qu'il suffit de croire en l'existence d’Allah. Pourtant, nous lisons dans les versets du Coran :
Dis : "Qui vous attribue de la nourriture du ciel et de la terre ? Qui détient l'ouïe et la vue, et qui fait sortir le vivant du mort et fait sortir le mort du vivant, et qui administre tout ?" Ils diront : "Allah [Allah]." Dis alors : "Ne Le craignez-vous donc pas. Tel est Allah, votre Seigneur. Au delà de la vérité qu'y a-t-il donc sinon l'égarement ? Comment alors pouvez-vous, vous détourner?" (Sourate Yunus, 31-32)
De tels gens croient en l'existence d’Allah et acceptent même qu'Il soit leur Pourvoyeur, qu'Il donne la vie et la mort et qu'Il est le Créateur et le Propriétaire du tout. Ils emploient leur conscience seulement jusqu'à ce degré et le considèrent cela comme suffisant pour leur foi. Celui qui emploie pleinement sa conscience, éprouve, toutefois, une crainte pleine de respect envers Allah puisqu'il saisit Sa majesté. Cette crainte diffère d'autres craintes éprouvées, puisqu'elle est celle de perdre l'agrément d’Allah. Il passe sa vie entière à rechercher l'agrément de son Créateur. Il ne met pas de limites pour s'approcher d’Allah. Dans le Coran, Allah cite Ibrahim comme exemple et dit :
Qui est meilleur en religion que celui qui soumet à Allah son être, tout en se conformant à la Loi révélée et suivant la religion d'Abraham, homme de droiture ? Et Allah avait pris Abraham pour ami privilégié. (Sourate an-Nisa, 125)
Aussi qui agit selon sa conscience tentera d'atteindre le plus haut niveau de compréhension de l'esprit humain. Il tâchera, nuit et jour, de garder présent à son esprit la puissance et la majesté d’Allah afin de se rapprocher de Lui et de devenir Son ami intime. Comme il ne peut jamais être sûr d'avoir établi le plus haut degré d'amitié et de proximité, son effort et sa bonne volonté continueront jusqu'à la fin de sa vie. Vous pouvez vous demander comment il est possible d'être proche d’Allah. La réponse est toujours : notre conscience, comme nous l'expliquerons dans les pages suivantes.
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