Un appel urgent à l'ONU concernant la récente violence contre les Rohingyas

La lettre ci-dessous a été envoyée par M. Harun Yahya (Adnan Oktar) à l'Organisation des Nations Unies, aux organisations des droits de l'homme et à d'autres autorités en tant qu'appel urgent pour enquêter minutieusement sur les récentes violences contre les Rohingyas, pour documenter et l'exposer aux yeux du monde.

 

Nous sommes profondément préoccupés par les récents rapports de violence contre les Rohingyas du Myanmar, et nous nous adressons à vous afin de vous exhorter à faire pression sur le gouvernement du Myanmar.

Comme vous le savez aussi, le gouvernement du Myanmar considère environ 800.000 Rohingyas dans le pays comme des étrangers alors que de nombreux citoyens les considèrent comme des immigrés illégaux du Bangladesh, et les regardent avec hostilité.

Selon de nombreuses organisations des droits de l'homme et de nombreuses informations publiées dans les médias internationaux, le gouvernement du Myanmar instigue un programme de nettoyage ethnique contre la population civile musulmane. Nous sommes conscients que vous avez connaissance de la violence communautaire en cours au Myanmar et que vous avez déjà pris des mesures pour alléger la situation, mais les événements actuels nécessitent l'attention immédiate du monde et peut-être l'application de sanctions pour mettre fin aux actes de brutalité contre les minorités ethniques.

A compter du 13 janvier au village de Kilai-Daung (Du-Chira-Dan), ou sur les voies du village de Duchiradan, Maungdaw, nous avons appris des rapports que des Rohingyas avaient été pris comme esclaves, ligotés, tués, découpés en morceaux et jetés dans le caniveau, puis dans la nuit du 13 et au cours du 14 janvier, que des femmes avaient été violées et que leurs seins avaient été coupés avant d'elles ne soient tuées, on a signalé qu'une grand-mère de 103 ans et ses petits-enfants avaient été tués pendant que des policiers présents les observaient. Il y a aussi des rapports sur le fait de cadavres emportés dans des camions par les forces de sécurité pour être enterrés, ainsi que des rafles d'hommes, de femmes et d'enfants de tous âges. Cependant, le gouvernement refuse de tout reconnaître excepté le meurtre d'un policier. [1]

A la lumière des rapports, l'événement qui a conduit à cette violence est en fait le meurtre de huit Rohingyas par l'administrateur du village de Duchiradan, Aung Zan Phyu. Cet événement a été vu par un ouvrier rohingya qui a ensuite informé les villageois rohingyas. Les villageois ont trouvé les corps qui ont été coupés en morceaux et ont retourné un corps dans leur village. La police et l'administrateur du village qui ont essayé de cacher le crime ont tenté d'arrêter les villageois, ont ouvert le feu et on a même signalé qu'ils avaient violé une fille pendant ce qui se passait. Comme la tension a augmenté, un sergent de police et des villageois innocents ont été tués. Vous pouvez ici trouver plus de détails et quelques noms des personnes tuées lors de l'attaque brutale.[ii]

Les témoins affirment que le nombre de personnes mortes est plusieurs fois plus nombreux que cela, la liste des noms est seulement une partie du nombre réel de personnes tuées.[iii]

Le village qui hébergeait 340 maisons et 4000 habitants est maintenant vide. L'accès au village est bloqué et déclaré comme zone d'entrée interdite pour les Rohingyas et les observateurs.[iv]

L'hostilité s'est si intensifiée [v] qu'il y a un ordre du gouvernement central de l'administration Naypyidaw d'arrêter les hommes et garçons rohingyas de plus de 10 ans. [vi] Il s'agit d'un possible signal d'une vague de génocide des Rohingyas dans les prochains jours au Myanmar.

Nous nous efforçons maintenant en sensibilisant sur les médias sociaux en Turquie et à l'étranger pour appeler les autorités compétentes à agir. Notre travail a donné de très bons résultats.[vii] Mais il faut une organisation officielle et indépendante comme l'ONU pour insister sur la question et mener une enquête approfondie.

Nous avons appris que les États-Unis, la Grande-Bretagne et le rapporteur spécial des Nations Unies sur la question des droits de l'homme au Myanmar ont exhorté le gouvernement du Myanmar à enquêter et à éclaircir les rapports sur les affrontements du 14 janvier entre les forces de sécurité et les musulmans rohingyas dans le village Du Char Yar Tan[viii]; toutefois, en raison des revendications sur le fait que le gouvernement ferme les yeux sur cette persécution ou prend même part à ces attaques, nous pensons qu'il ne conviendrait pas au gouvernement du Myanmar de faire ces enquêtes, mais elles devraient plutôt être confiées à un organisme indépendant comme l'ONU ou d'autres organisations des droits de l'homme. Par conséquent, nous demandons à toutes les autorités compétentes de prendre intérêt et de demander au gouvernement du Myanmar d'ouvrir ses portes à ces zones aux étrangers comme aux observateurs impartiaux dès que possible, car ce n'est pas le premier affrontement et nous craignons qu'il ne soit pas le dernier.    

Le fait que les preuves de ces affrontements soient très difficiles à documenter et qu'avec les revendications des témoins oculaires selon lesquelles les forces de sécurité ont hâtivement essuyé les éléments de preuve en emportant les corps dans la forêt ou en les enterrant immédiatement, rend la situation actuelle encore plus urgente à clarifier et à exposer aux yeux du monde.   

Pourtant, les données sur les derniers crimes contre les Rohingyas et les musulmans birmans sont considérables. Les dépositions des témoins sont nombreuses, et maintenant encore, il y a des discussions de vidéos de la police se tenant pendant les attaques. En plus de cela, il y a de nombreux rapports de viol systématique des femmes rohingyas et aussi d'autres minorités ethniques dans le pays, aux mains des soldats ou policiers birmans. Ces rapports sont bien documentés, et Human Rights Watch a très soigneusement couvert bon nombre d'entre eux. Qui plus est, c'est que ces viols, viols collectifs et ces meurtres de femmes se produisent presque toujours avec la connaissance ou la participation d'officiers de rang plus élevé. L'année dernière, il y a eu des rapports sur le fait que les femmes rohingyas avaient été enlevées et placées dans des installations militaires pour servir d'esclaves sexuelles.[ix] Cela se poursuit et il y a des organisations de défense des droits de l'homme qui enquêtent toujours sur ces incidents et compilent des preuves. 

La question la plus importante pour les Rohingyas est le besoin d'une citoyenneté qui leur donnerait des droits de protection et qui leur permettrait également de vivre une vie avec les mêmes droits fondamentaux que le reste du pays. Des choses simples comme posséder des biens, se marier, avoir des enfants, avoir accès à l'eau et à la médecine sont toutes des choses qui sont régulièrement refusées aux Rohingyas.   

Outre ces actes de brutalité, il y a la question des déplacés internes de l'ordre de 150.000 Rohingyas. Les attaques violentes comme celle du 14 janvier, ont entraîné un nombre croissant de Rohingyas dans la zone de refuge.[x] Nous entendons également dire qu'on a interdit aux populations locales d'héberger ces personnes déplacées.[xi]

 

Que peut-on faire?

La discrimination ethnique ou religieuse en cours au Myanmar est inacceptable. Les enseignements bouddhistes et l'Islam sont pacifiques et tolérants envers les autres religions. Par conséquent, le dialogue entre ces deux grandes religions devrait être élaboré.

Le gouvernement du Myanmar devrait embrasser toutes les minorités ethniques qui vivent dans ses frontières dans les mêmes conditions d'égalité, leur accorder la citoyenneté et respecter leurs droits conformément à la Charte des Nations Unies.  

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a l'autorité et la crédibilité aux yeux du monde pour exhorter le gouvernement du Myanmar à respecter les droits de l'homme des minorités ethniques et religieuses vivant dans ses frontières. Le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité des Rohingyas devraient être rétablis.

Pour garantir la sécurité des Rohingyas, une force de maintien de la paix des Nations Unies devrait être autorisée dans la région. En outre, les médias internationaux devraient avoir accès à tout lieu pour enquêter et poursuivre la question.

En créant une pression politique et économique des pays occidentaux, on peut motiver et conseiller le gouvernement du Myanmar à poursuivre son processus de démocratisation.  

En outre, on devrait pousser le gouvernement du Myanmar à reformer sa constitution de 1982 qui stipule que toute personne arrivée au Myanmar après 1823 n'est pas considérée comme citoyenne, isolant ainsi les groupes ethniques comme les Rohingyas et leur refusant les droits offerts par la citoyenneté.

La torture, le viol, le pillage, les arrestations arbitraires, le meurtre et l'assassinat innocent des Rohingyas doivent immédiatement prendre fin. En outre, des mesures doivent être prises contre ceux qui ont tué des hommes, femmes et enfants innocents.

Le monde se souvient avec profond regret sa non-intervention dans le génocide rwandais de 1994, tandis que l'ONU et le monde occidental ont agi dans le cas de la Serbie et de sa liste de violations des droits de l'homme et d'oppressions. Le génocide rwandais a eu lieu sous les yeux d'un monde horrifié, n'ayant aucun moyen de l'arrêter une fois commencé. Il ne serait pas faux de dire que si l'ONU était intervenue de manière plus décisive avant le massacre, celui-ci aurait pu être évité. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que le monde observait les ruines de vastes étendues de la planète, les vies détruites par le génocide systématique, l'humanité ensemble a dit: "Plus jamais cela". Et tandis que l'humanité a échoué dans l'exemple du Rwanda, la situation au Myanmar nous donne l'occasion de vivre la promesse que nous nous sommes faite il y près de sept décennies. Prenons des mesures au sujet du Myanmar et regardons en arrière avec une certaine fierté que l'humanité a empêché un massacre et non dans le regret de notre échec à le faire.  

 

 

 

 


[1] http://www.aljazeera.com/news/asia-pacific/2014/01/rohingya-deaths-denied-myanmar-government-2014117144738400365.html

http://www.thestar.com.my/News/World/2014/01/23/Rights-group-says-Muslims-massacred-in-Myanmar-amid-official-denials/

[ii] http://www.rohingyablogger.com/2014/01/duchiradan-village-deserted-after.html

[iii] http://www.kaladanpress.org/news/341-news2014/january2014/4426-authority-restricts-to-enter-kila-dong-to-hide-rohingya-dead-bodies

[iv] http://www.rvisiontv.com/brutalities-beyond-imigination-some-details-on-numbers-of-rohingyas-killed-arrested-womengirls-raped/

[v] http://www.thestateless.com/2014/01/security-forces-still-hunting-villagers.html

[vi] http://www.worldbulletin.net/?aType=haber&ArticleID=127460

http://burmatimes.net/urgent-alarm-another-possible-wave-of-rohingya-genocide/

[vii] http://dippost.com/2014/01/21/adnan-oktar-let-us-announce-the-persecution-going-on-in-myanmar-to-the-whole-world/

[viii] http://www.thestateless.com/2014/01/un-expert-on-myanmar-calls-on.html

[ix] http://burmatimes.net/myanmar-army-uses-rohingya-women-as-sex-slaves/

[x] http://roadsandkingdoms.com/2014/hostage-in-sittwe/

[xi] http://www.thestateless.com/2014/01/security-forces-still-hunting-villagers.html

2014-02-08 08:06:59

Nouvelles | Présentations| A propos de c e site | Faites votre page d'accueil | Ajouter aux favoris | RSS Feed
Tous les matériaux publiés sur ce site internet peuvent être copiés, imprimés et distribués en donnant le site comme référence.
(c) All publication rights of the personal photos of Mr. Adnan Oktar that are present in our website and in all other Harun Yahya works belong to Global Publication Ltd. Co. They cannot be used or published without prior consent even if used partially.
www.harunyahya.fr Harun Yahya International © 1994 . Tous droits réservés. Nos matériaux peuvent être copiés, imprimés et distribués en donnant le site comme référence
page_top